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Les élections consulaires : un ancrage local pour les Français de l’étranger

MM-MDFE
Marianne MAGNIN, Présidente du MDFE (© Othello de Souza Hartley)

Dispersés à travers le monde mais pleinement citoyens, les Français de l’étranger disposent d’un système de représentation unique. 

À l’heure des élections consulaires, Marianne MAGNIN, Présidente du Mouvement Démocrate des Français à l'Étranger (MDFE) éclaire les défis de cette démocratie à distance, entre engagement réel et participation insuffisante.

Q : Avant de mettre un projecteur sur le MDFE, pouvez-vous dire quelques mots sur votre parcours ?

MM : Mon parcours s’est construit très tôt autour de l’international. Dès l’âge de 11 ans, des séjours linguistiques m’ont conduite en Allemagne, en Suisse, en Hongrie ou encore aux États-Unis. Plus tard, j’ai poursuivi avec des stages en Inde, au Royaume-Uni et aux États-Unis, puis le programme Erasmus en Allemagne.

Mes premières expériences professionnelles m’ont menée au Luxembourg, avant de m’établir en Écosse, puis à Londres où je vis depuis plus de 25 ans. J’y ai d’abord travaillé dans le secteur de l’énergie, avant de me consacrer depuis seize ans à l’entrepreneuriat, à l’intersection de la technologie et des arts.

Ce parcours est représentatif de nombreux Français de l’étranger. Le départ s’enracine souvent dans une première expérience académique ou professionnelle. Notre baromètre 2025, qui a réuni près de 5 000 participants, montre que 64 % vivent à l’étranger depuis plus de dix ans, et 10 % y ont toujours vécu.

 

Q : Qu’en est-il du lien entre les Français de l’étranger et la France ?

MM : Les Français de l’étranger, ou FdE, ne doivent pas être confondus avec les expatriés au sens strict. Ces derniers, envoyés par leur entreprise, ne représentent qu’une minorité. Au MoDem nous apportons une deuxième nuance : nous vivons à l'étranger, mais nous ne sommes pas de l'étranger.

Au 1er janvier 2026, 1 784 975 Français sont inscrits au registre consulaire. Le nombre total de Français vivant hors de France est estimé à environ 3 millions. À titre de comparaison, cela correspond à une population supérieure à celle de Paris, qui compte 2,1 mio d'habitants, ou le Nord (59), département le plus peuplé avec 2,6 mio.

Cette population est dispersée à l’échelle mondiale, sans continuité territoriale. Pourtant, le lien à la France demeure fort. Selon le baromètre FdE 2025 :

  • 81 % se déclarent fiers d’être français
  • 80 % se disent fiers d’être européens
  • 87 % se sentent concernés par l’actualité politique et économique européenne

Ce lien est donc à la fois identitaire, civique, économique, et stratégique.

 

Q : Comment cela se traduit-il au plan politique ?

MM : Le système de représentation des Français de l’étranger est particulièrement complet. Il constitue même une singularité à l’échelle internationale.

Les FdE participent aux élections nationales (présidentielle, européennes), et disposent en outre de représentants dédiés :

  • 12 sénateurs
  • 11 députés
  • 570 élus consulaires

Parmi ces derniers, 90 siègent à l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE), qui se réunit deux fois par an à Paris.

Frédéric PETIT est député MoDem des Français établis en Allemagne, Europe centrale et Balkans, correspondant à la 7e circonscription législative.

Ce dispositif est structuré, mais il se heurte à une réalité persistante : une participation électorale nettement inférieure à la moyenne nationale. Cette situation s’explique en partie par des contraintes géographiques et logistiques, malgré le recours au vote électronique.

Taux de participation électorale des FdE

Q : Les élections consulaires sont-elles un enjeu particulier ?

MM : Les élections consulaires, qui se tiendront fin mai, constituent l’échelon de proximité de cette représentation.

Elles concernent 130 circonscriptions à travers le monde. Certaines concentrent des communautés particulièrement importantes :

  • Genève : 138 000 inscrits
  • Londres : 135 000 inscrits
  • Belgique : 127 000 inscrits

Ces élections sont essentielles, car elles structurent le lien concret entre les Français de l’étranger et les services publics, l’action sociale, l’éducation ou encore la vie associative.

Pourtant, la participation y reste très faible, autour de 15 %. Ce niveau interroge directement la vitalité démocratique à l’échelle locale.

Q : Comment se positionne le MDFE à l’ouverture de cette campagne ?

Le MDFE s’inscrit dans une dynamique claire : consolider son ancrage, renouveler ses équipes et affirmer son autonomie.

Nous comptons aujourd’hui 34 adhérents engagés sur des listes, dont 7 têtes de liste, ainsi que plus de 80 colistiers indépendants associés à des listes sur lesquelles nous avons l'initiative. À cela s’ajoute un réseau actif de volontaires.

Notre présence couvre l’ensemble des continents, à l’exception de l’Amérique latine.

Dans les semaines à venir, nous mettrons en lumière nos candidats et leurs territoires : de la Suisse au Royaume-Uni, du Benelux à l’Allemagne et l'Europe centrale, de l’Espagne aux États-Unis, jusqu’à Madagascar, Singapour, le Japon ou l’Australie.

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